16 Apr 2019 Story Air

Cinq dirigeants qui "font les bons choix" pour lutter contre les émissions des transports

Photo Credit: Wikimedia Commons

En plus d'avoir une odeur désagréable et malsaine, les gaz d'échappement sont connus pour avoir des conséquences néfastes sur le bonheur, l'intelligence (en anglais) et le bien-être des personnes. Malgré tout, dans le monde entier, des millions de personnes sont contraintes de respirer des vapeurs nocives quotidiennement, dans leur vie de tous les jours : se rendre au travail, aller à l'école ou simplement sortir de chez elles un instant.

La pollution de l'air entraîne des décès prématurés dus aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux et aux cancers, ainsi qu’aux infections aiguës des voies respiratoires inférieures. La pollution de l'air intérieur et extérieur était responsable d'environ 7 millions de morts dans le monde en 2016, selon le rapport Measuring Progress (en anglais) récemment publié par ONU Environnement.

Les émissions des transports représentent une proportion importante de la pollution de l’air dans les villes et varie énormément selon les lieux. Il peut s’agir de la source de pollution atmosphérique la plus importante ou la moins importante, mais ses effets sont néanmoins dévastateurs. C'est pourquoi les gouvernements locaux et nationaux prennent de plus en plus de mesures pour améliorer la qualité de l'air urbain en développant des systèmes de transport en commun plus intelligents et / ou en adoptant la mobilité électrique et le transport à faible émission.

« Nous avons besoin de trois choses », affirme Rob de Jong, expert en mobilité électrique chez ONU Environnement. « Il faut éviter les besoins en transports, grâce à par exemple une meilleure conception de la ville dans lesquelles les enfants pourraient aller à l'école à pied et se rendre dans les commerces de proximité des zones résidentielles. Il faut adopter des modes de transport plus efficaces, tels que les transports en commun, la marche et le vélo et enfin il faut améliorer les transports, notamment grâce à des véhicules plus propres. »

La cible de l'objectif de développement durable 3.9 exhorte à une réduction substantielle du « nombre de décès et de maladies dus à des produits chimiques dangereux ainsi qu'à la pollution et à la contamination de l'air, de l'eau et des sols ». Pour que des changements soient ressentis à une telle échelle, un changement de comportement, la persuasion, la persévérance et le leadership seront nécessaires.

Le programme de mobilité en ligne d’ONU Environnement aide les pays, en particulier les économies émergentes, à introduire la mobilité électrique dans leurs plans. Il aide les gouvernements à élaborer des politiques, à échanger des pratiques optimales, des solutions technologiques pilotes, à faire le suivi de l'utilisation des véhicules électriques et à calculer les émissions et leurs avantages économiques.

Nous nous penchons ici sur quelques exemples d'initiatives prises à travers le monde pour rendre le secteur des transports terrestres plus écologique.

 

Sadiq Khan, maire de Londres

M. Khan a demandé et mis en place le 8 avril 2019 une zone à très faibles émissions, son agrandissement vers les routes périphériques nord et sud à partir d'octobre 2021 a ensuite été confirmé. Des normes strictes en matière d'émissions s'appliqueront également aux bus, autocars et camions traversant Londres à partir d'octobre 2020. Les deux programmes entraîneront une réduction des émissions à Londres et plus de 100 000 habitants vivront dans des zones qui respecteront enfin les seuils légaux de la qualité de l'air en 2021.

Ces mesures audacieuses amélioreront considérablement la santé des habitants de Londres et amélioreront la qualité de l’air tout en évitant potentiellement des milliers de décès prématurés ainsi que d’autres maladies graves. Les recherches démontrent que ces effets ont actuellement un impact disproportionné sur les Londoniens les plus pauvres, mais que toutes les zones de Londres devraient connaître une réduction de la pollution.

Emissions
Londres vient d'introduire une zone à très faibles émissions, qui sera étendue à partir d'octobre 2021 à une zone beaucoup plus vaste. Crédit photo : Pxhere

« Combattre l’air mortel de Londres et préserver la santé des Londoniens nécessite des mesures audacieuses. La pollution de l'air est une crise sanitaire nationale et je refuse de rester sans rien faire, car des milliers de Londoniens respirent un air tellement nocif que cela raccourcit notre espérance de vie, endommage les poumons des habitants et aggrave les maladies chroniques », a déclaré M. Khan (en anglais).

 

Carolina Schmidt, ministre de l'Environnement du Chili

Le Chili possède la deuxième plus grande flotte d'autobus électriques au monde, après la Chine. S'exprimant lors de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement à Nairobi en mars dernier, Mme Schmidt a souligné l'importance d'une stratégie pour la mobilité électrique permettant à tous d'oeuvrer ensemble pour atteindre l'objectif de réduction de la pollution atmosphérique. Elle a souligné l’avantage économique de passer aux véhicules électriques et leur popularité auprès du public.

« Il y a 200 bus électriques à Santiago. Leur succès auprès des habitants est énorme. Ils sont de meilleure qualité. Ils sont plus chers pour les utilisateurs mais ces derniers ont tout de même effectué davantage de voyages. »

Electric Cars
Les ventes de véhicules électriques augmentent rapidement. Crédit photo : Wikimedia Commons

Mme Schmidt a contribué à inciter le secteur privé à faire en sorte que d'ici 2022, le Chili dispose de 10 fois plus de véhicules électriques. « Entre 2014 et 2018, nous avons multiplié par deux notre part d'énergies renouvelables et propres », a-t-elle déclaré.

 

Carlos Manuel Rodriguez, ministre de l'Environnement et de l'Énergie du Costa Rica

« Lorsque les ministères de l'Énergie et de l'Environnement se trouvent dans le même ensemble, il est possible d'effectuer de grands progrès. Mêmes personnes, même organisme », a déclaré M. Rodriguez, soulignant que l'organisation institutionnelle était une condition préalable essentielle à un changement réussi, lorsqu'il a pris la parole lors de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement à Nairobi le mois dernier.

Le Costa Rica, pays de 5 millions d’habitants, repose sur une combinaison d’énergie solaire, de biomasse, éolienne et géothermique pour couvrir les besoins énergétiques du pays 300 jours par an. Il dispose d'un plan à long terme pour décarboniser son économie, qui inclut la mobilité électrique.

« Si quelqu'un nous demande pourquoi nous prenons la peine de le faire alors que notre contribution aux gaz à effet de serre ne représente que 0,4% du total mondial, notre réponse est : parce que cela a un sens économique. Cela va dans le sens de la salubrité. La décarbonisation présente de réels avantages en termes de coûts. »

 

Ola Evestuen, ministre du Climat et de l'Environnement de la Norvège

La Norvège, pays qui vise à décarboniser son économie d’ici 2030, affiche le pourcentage de véhicules électriques le plus important au monde : 70% des voitures de tourisme en circulation sont électriques.

L’introduction par le Ministère des finances d’un vaste ensemble de mesures d’incitation a été essentielle pour parvenir à ce résultat. Il n'y a pas de taxe de circulation sur les voitures électriques, alors que les voitures classiques sont fortement taxées. Les véhicules électriques bénéficient du transport gratuit sur les ferries norvégiens. Le stationnement public dans les centres-villes n’est autorisé que pour les voitures électriques. Le développement des infrastructures a également été très important : de nombreuses stations de chargement sont disponibles chez les particuliers.

« Nous avons seulement 5 millions d'habitants, mais nous sommes le troisième marché mondial de la mobilité électrique. De toute évidence, nous souhaitons qu'un autre pays prenne notre place », a déclaré le représentant d’Ola Evestuen à l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement.

 

Ministère chinois de l’industrie et des technologies de l’information

En avril 2018, la Chine a mis en place un programme visant à promouvoir les véhicules de tourisme respectueux de l’environnement dans les parcs de véhicules des constructeurs automobiles. Le programme relie la consommation moyenne de carburant des entreprises aux ventes de « véhicules à énergies nouvelles ». Les véhicules à énergie nouvelle sont des voitures de tourisme électriques, des véhicules hybrides rechargeables ou des voitures à pile à combustible. La mesure (en anglais) établit un système d’« administration parallèle » fixant une consommation moyenne de carburant et de ventes de véhicules à énergies nouvelles pour les entreprises automobiles.

Il s’agit d’une version modifiée des règlements imposés en Californie relatifs aux véhicules à zéro émission et qui définissent des objectifs en matière de nouveaux véhicules à énergie pour les flottes d’entreprises, qui représentent 10% du marché des véhicules de tourisme conventionnels en 2019 et 12% en 2020.

Le Plan chinois de développement du secteur des véhicules à économie d’énergie et des véhicules à énergies nouvelles (2012-2020) fixe des objectifs moyens de 6,9 litres d’essence pour 100 km d’ici 2015 et de 5,0 litres pour 100 km d’ici 2020 pour les parcs automobiles des entreprises.   

 

La pollution de l'air est le thème de la Journée mondiale de l'environnement qui aura lieu le 5 juin 2019. La qualité de l'air que nous respirons dépend des choix de vie que nous faisons chaque jour. Apprenez-en davantage sur les effets de la pollution atmosphérique sur votre santé et sur les mesures prises pour assainir l'air. Que faites-vous pour réduire vos émissions et #CombattreLaPollutionDeLair ?

Le pays hôte de la Journée mondiale de l'environnement 2019 est la Chine.

Pour davantage d'informations, veuillez contacter Rob de Jong : rob.jong@un.org

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Le sommet Action Climat de l'ONU aura lieu à New York le 23 septembre 2019 Son but est de relever le niveau des ambitions, d'accélérer les actions relatives à l'urgence climatique mondiale et de soutenir la mise en œuvre rapide de l'accord de Paris sur les changements climatiques. Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, est l'hôte du Sommet Action Climat de l'ONU 2019.